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L'histoire du Tensiomètre : Des premières inventions aux technologies modernes

Catégories : Auto-tensiomètre , Instruments Médicaux et Diagnostic

Le tensiomètre est un outil médical incontournable pour surveiller la pression artérielle. Mais savez-vous d’où il vient et comment il a évolué au fil du temps ? Depuis les premières tentatives de mesure de la tension au XVIIIe siècle jusqu’aux modèles électroniques d’aujourd’hui, son histoire est marquée par des avancées majeures qui ont transformé le diagnostic médical. Plongeons dans l’évolution du tensiomètre et découvrons comment cet instrument a révolutionné la prise en charge des maladies cardiovasculaires.

La première mesure de la tension artérielle

Si les chinois, les romains et les indiens étudiaient dès l’antiquité le fonctionnement de la circulation sanguine, en occident il faut attendre les travaux du docteur William Harvey au 17ème siècle qui établit les base de l’étude de la circulation sanguine. La première expérience de mesure de la pression artérielle se déroula également en Angleterre où, après de nombreux travaux sur la circulation sanguine, le physiologiste Stephen Hales entreprit de mesurer la pression artérielle sur des animaux. Cette méthode rudimentaire et peu pratique consistait à faire une incision dans une artère de l’animal, y insérer un tube à la verticale et mesurer la pression en fonction de la hauteur qu’atteint le sang dans le tube. On ne peut donc pas vraiment considérer cette première mesure comme l’invention du tensiomètre.

Le premier tensiomètre médical

Les premiers appareils de mesure de la tension artérielle arrivent au 19ème siècle après l’invention par Laennec en 1816 d’un autre instrument indispensable pour l’étude de la circulation sanguine, le stéthoscope. De nombreux instruments apparaissent dans différents pays d'Europe mais les français sont à la pointe du progrès en la matière avec Jean Léonard Marie Poiseuille qui dès 1828 dans le cadre de ses « Recherches sur la force du cœur aortique », décrit le premier appareil de mesure de la pression sanguine, l’hémodynamomètre. Cet appareil, sorte de manomètre à mercure est en quelque sorte l’ancêtre des tensiomètres (signe de cette filiation, la pression artérielle est encore donnée en dixièmes de millimètre de mercure).

Ensuite, Jules Marey invente le sphygmographe en 1860, premier appareil mesurant la pression sanguine de manière non invasive. En 1880 Karl Ritter Von Basch invente lui aussi un sphygmomanomètre. Mais à cette époque la mesure de la pression sanguine, menée avec des appareils difficilement maniables reste l’objet d’études de physiologistes et d’ingénieurs tandis que la médecine de l’époque ne s’appuie pas encore sur de telles mesures pour la surveillance de la santé de leurs patients. L’introduction et la théorisation de l’usage du tensiomètre dans la pratique médicale fut un long processus fruit de la collaboration entre physiologistes et praticiens.

En France le premier à mener une étude approfondie sur les applications médicales de la mesure de la pression artérielle est le professeur Potain dans son travail « La Pression artérielle de l'homme à l'état normal et pathologique ». On lui doit également l’amélioration de l'appareil à tension inventé par le professeur Karl Ritter Von Basch, le rendant plus facile d’usage pour une utilisation de tous les jours auprès des patients. Mais, mis à part pour des examens (pour les armées ou assurances santé) et relevés statistiques, peu de médecins voient l’utilité d’un relevé de tension lors d’une auscultation et donc de posséder cet appareil médical.

Le tensiomètre médical moderne

La mesure de la pression artérielle telle que nous la connaissons de nos jours est inventée par Nikolaï Korotkov qui eut l’idée d’utiliser pour ses mesures un tensiomètre et un stéthoscope lui permettant d’entendre les « bruits de Korotkov » qui garantissent une mesure plus précise (permettant de faire la différence entre pression systolique et diastolique).Au début du 20ème siècle, deux types de tensiomètres médicaux reprenant les progrès issus des recherches de Nikolaï Korotkov se disputent le marché : le tensiomètre du docteur Victor Pachon qui remplace l’utilisation du stéthoscope par l’ajout d’un oscillomètre à son tensiomètre et le célèbre tensiomètre Vaquez qui conserve l’usage du stéthoscope dans le processus de mesure.

C’est finalement le tensiomètre de Vaquez qui s’impose auprès des médecins et, dans des versions améliorées mais conservant son principe originel, ce tensiomètre reste plébiscité par le milieu médical. Aujourd’hui, le tensiomètre Vaquez-Laubry reste l’un des produits phares de la compagnie Spengler née de l’association d’Emile Spengler aux deux éminents cardiologues : Henri Vaquez et Charles Laubry. Cependant, malgré ces progrès considérables dans l’aspect matériel, les médecins utiliseront très peu le tensiomètre durant la première partie du 20ème siècle, en tout cas pas dans le cadre de diagnostics ou de suivis thérapeutiques.

En effet, ce n’est qu’à partir des années 1950 notamment avec l’apparition des diurétiques que l’on commence à considérer l’hypertension comme une maladie à traiter. L'appareil pour mesurer la tension artérielle devient à partir de là un instrument indispensable à tout bon diagnostic médical.

Tensiomètres électroniques

L’hypertension étant une pathologie nécessitant un suivi régulier, se pose le problème des prises de tension régulières nécessitant jusqu’alors la présence du médecin. L’invention du tensiomètre électronique va révolutionner la prise de tension artérielle en permettant l’automesure, ce qui va simplifier la vie de millions d’hypertendus.

Cette fois-ci, les pionniers sont japonais avec Panasonic qui lance son premier tensiomètre électronique d’automesure au poignet en 1993. Le tensiomètre électronique avec brassard signe aussi le retour en grâce de la méthode oscillatoire abandonnée depuis les années 1950 en raison de son manque de précision. Cette méthode, associée aux algorithmes, devient alors beaucoup plus précise.